mercredi 14 avril 2021

Parenthèse en Antarctique Janv-Fev 2021






 Parenthèse en Antarctique Janv-Fev 2021                                à Denise, Francis, Danièle

                                                                                                    

                                                                        




"Antarctique

La terre la plus australe et la plus mystérieuse, grande comme 26 fois la France.

Antarctique.

Un continent longtemps protégé de la curiosité des hommes par la brume, les tempêtes, les courants et les glaces.

Antarctique.

Grand repaire du froid essentiel à notre climat.

Mémoire des temps les plus anciens. Point de vue irremplaçable pour tous les scientifiques.

Antarctique"

Isabelle Autissier et Erik Orsena


Antarctique

Territoire quasiment vierge, nature à l'état pure, où les traces des humains disparaissent  à chaque hiver.

Antarctique

Continent blanc qui n'appartient à personne sinon aux animaux qui le peuplent.

Antarctique

ton nom a peuplé mes rêves d'adolescent. Je n'imaginais pas qu'un jour je foulerai  ta neige immaculée, tirerai des bords à la voile dans tes eaux si froides au milieu de tes icebergs descendus de tes montagnes.....

Merci de m'avoir laissé réaliser ce rêve.

                                                Daniel


Photos de Christine, Yves, François, Daniel

Texte de Daniel





20 Janvier 2021 8h20 :Après 4 jours de mer depuis le cap Horn, je suis de quart je fais la  veille dans le brouillard, la neige qui tombe en petits flocons s'accroche à la capote de descente, soudain : terre !, terre en vue !

En fait émergeant de la brume c'est un iceberg énorme, flottant tranquillement sur la mer plate. Il donne l'impression d'une puissance endormie, d'une beauté sauvage, d'une pureté originelle, d'un bateau fantôme figé dans la glace. Bien que pour nous cela soit signe de danger, je ne peux que l'admirer au fur et à mesure qu'il sort de la brume et nous laisse admirer ses formes et ses couleurs. Je réalise un rêve que je ne pensais jamais vivre...


Mais avant d'en arriver là il faut un alignement de planètes : d'abord le COVID qui m' interdit de rejoindre notre bateau MORGANE en Malaisie, qui empêche Francois de retrouver son bateau aux Etats Unis ; ensuite la rencontre, il y a 4 ans, avec Christine et Yves, d'abord à Panama, puis aux Fidji puis souvent à Grenoble, leur navigation sur leur bateau ORIONDE les a amenés en mars 2020 jusqu'au Sud du Chili à Puerto Williams, leur détermination permet de surmonter les obstacles, enfin la porte étroite entre l'ouverture des frontières du Chili et la non encore fermeture des frontières de la France.

Nous voilà le 6 janvier tous les quatre à Lyon St Exupéry avec nos bagages direction Puerto Williams où nous attend ORIONDE.

Le bateau déjà bien équipé (rouleaux pour les 4 amarres de 100m, jerrycan de diesel, …) est vite prêt, l'avitaillement commandé quelques semaines en avance trouve rapidement sa place à bord.


Très vite une fenêtre météo pour la traversée du Drake (le passage entre le Sud du Chili et le continent Antarctique) se dessine et l'on quitte alors Puerto Williams pour quasiment deux mois.


Ce sera deux mois d'un voyage extraordinaire avec des moments forts : les deux passages du cap Horn, cap mythique pour tous les marins ; les deux traversées du détroit du Drake qui ont une si mauvaise réputation en raison des tempêtes qui s'y succèdent ; la navigation au milieu de ces hautes montagnes recouvertes de glaciers posés sur l'eau, dans le dédale de ces immenses icebergs aux formes et couleurs aussi improbables et qui sont le lien entre le continent et la mer; la rencontre avec les manchots , les baleines (même de trop près une fois), cormorans aux yeux bleus, otaries, phoques... ; le passage en force au milieu des glaces quand le bateau joue au brise glace ; le matin où en se levant on découvre le bateau recouvert de 15cm d'une neige immaculée scintillant sous le soleil éclatant et enfin ces moments de convivialité partagés à 4 dans notre carré comme dans un refuge de montagne......


Après quelques photos vous pouvez lire les extraits des messages que j'envoyais régulièrement tout au long de ce voyage. Je n'ai pas mis les dates car c'est un voyage hors du temps...



!
A Punta Arenas escale obligée il ne fait pas bien chaud et on n'est pas encore en Antarctique!



C'est là qu'Orionde le bateau de Christine et Yves nous attend.
Pétrel Géant au décollage

Albatros doit beaucoup courir pour décoller



Premier passage du cap Horn: au moteur : pas très glorieux!!

Notre premier mouillage en Antarctique : Melchior islands

La houle se fracasse sur la base de l'iceberg

Un iceberg tabulaire avec la glace qu'il sème sur la mer


La base d'un glacier qui vêle

Le résultat du vêlage

Magie blanche : neige et soleil

Dans une ancienne base

Les urkrainiens de la base Vernadsky  en balade







Colonie de manchots de l'année sur l'ile Trinity

Mouillage de Portal

Notre amarre retient les glaces

Petite balade sur l'île de Pleneau

Le mouillage de Portal

Otarie à Enterprise

Les baleinières abandonnées

Le Governor échoué en 1915 sert de quai pour le mouillage






La station Almirante Brown dans Paradise Bay

Ailerons de baleines





Quand on se prend pour un brise glace.
Je suis dans le mât pour trouver le meilleur passage.

La station de Port Lockroy







Iceberg à gueule de baleine


La station Ukrainienne de Vernadsky



Voilà un glaçon qui nous câlinait de trop près. Pour ne plus être gêné nous l'avons amarré à la côte.


Orionde devant l'iceberg que nous avons dénommé le sphinx

Les manchots a Cuverville: les petits ne sont pas encore nés


Ascension au cairn de Port Charcot





Le cap Renard entrée du canal Lemaire








Les cabanes argentines et chiliennes vestige du temps des explorateurs


La base Chilienne Videla ou Water Boat




Spectaculaire iceberg : une cathédrale naturellement sculptée dans la masse







Un manchot Jugulaire a perdu sa communauté et se retrouve chez les papous


Les nids sont faits avec les rares cailloux

Comme des peluches! l'odeur en plus!!














Cormorans aux yeux bleus

Otarie (onn reconnait aux oreilles) à fourrure








Orionde au mouillage à Two Hammock






Phoque de Wedell


Le sphynx congelé




Christine en fermière de manchots


Mouillage de Portal, les baleines sont nos seuls voisines


Yves à son poste préféré

Christine, François et moi à la cuisine !

Je surveille les passages au milieu des glaces




Les growlers




En montant au sommet d'Hoovergad surnommé OriondeSud

Sur l'ile de Pleneau

Un des rares morceaux de banquise en cette saison : je joue au phoque





Le mouillage de la station Videla





Le beau glacier dans Paradise Bay

Je passe les amarres sur l'épave du Governor baleinier échoué en 1915


Les manchots ont fait une autoroute entre la mer et les rochers où ils ont leurs nids


Le Skuah guette les œufs des goélands et des manchots

Sur l'épave du Governor j'ai dans la main une pointe de harpon que je remets à sa place

Tête de harpon ramassée et remise sur le Governor




Des tonneaux ont attendus en vain d'être remplis d'huile de baleine pour éclairer les villes de Norvège

Cette baleinière attend depuis cent ans...







La couche grise sur le haut de l'iceberg est un peu de moraine quand l'iceberg était encore sur la terre







Un éléphant de mer parmi les manchots

Le moindre ilot est recouvert d'une belle couche de glace



Ici à Trinity les pêcheurs de baleines ont laissé des trâces.









Le cap Horn au retour.


A proximité de Puerto Williams
Pétrel géant

Cormorans en vol

Un manchot saisi lors avant de replonger

Une orque attaquant la baleine


Le souffle des orques



Extraits des mails que j'ai envoyés :



Coucou

nous sommes partis ce matin de Puerto Williams.

Belle navigation un peu au près mais pas de houle car on était abrité du vent (max 30 noeuds) pas mal de soleil dans l’après midi.
Évidemment on a collant botte bonnet veste et pantalon de quart.
On a vu nos premiers albatros, petits manchots et une otarie.
Nous sommes au mouillage sur bouée sur l’île de Lennox
Position 55deg17.764S 66deg50.181 W
On va prendre l’apéro avec les noix, que j'ai amenées de Grenoble.
Demain départ tôt pour le cap Horn puis cap au Sud pour l’Antarctique.


Coucou,

Hier nous avons passé le Horn le point le plus au Sud des continents habités: impressionnant rocher surtout par toutes les histoires et l’imaginaire associés.

Fait rare le vent était faible et était de l’Est.

Nous avons donc du mettre le moteur.

Après avoir pris contact par radio avec le gardien du phare nous avons mis le cap au Sud vers l’Antarctique.

La nuit s’est bien passée un peu de moteur puis vent de NNW 15 à 20 noeuds.

Il ne fait pas trop chaud.

Ce matin dans la cabine 12 degrés.

Hier nous avons vu beaucoup d’oiseaux (cormorans au ventre blanc, albatros, petits manchots) deux dauphins au ventre blanc.

Un seul bateau vu à l’AIS près du cap Horn un cargo allant d'Ouest en Est.

Nous sommes tout seuls, le temps est gris.

Je viens de prendre mon petit déjeuner.

Bisous


Coucou,

Nous sommes à la moitié de la traversée du Drake ce détroit entre le Chili et l’Antarctique.

C’est un endroit réputé pour ces tempêtes avec des mers démontées.

Heureusement nous avons pu partir avec une météo nous évitant ce mauvais temps.

En ce moment le vent a un peu baissé et nous avons installé une voile de petit temps le gennaker.

Il n’y a plus beaucoup d’oiseaux. Nous sommes vraiment seuls.

Au fur et à mesure de notre descente dans le Sud la température baisse. La mer est à 6 degrés, l’intérieur du bateau était à 8 degrés ce matin.

À partir de la nuit prochaine nous risquons de rencontrer des icebergs. La veille pendant les quarts sera beaucoup plus active.

Tout va bien à bord

J’espère que l’ambiance n’est pas trop anxiogène en France

Bisous


Coucou

Nous sommes toujours dans le détroit du Drake.

Nous avons fait les trois quarts de la traversée.

Hier nous avons aperçu des dauphins un peu craintifs qui ne se sont pas approchés. Nous avons vu aussi le souffle d’une baleine dont nous avons entrevu le dos et son aileron.

Nous avons passé la ligne (fictive) de convergence. C’est la rencontre des eaux froides et moins salées de l’Antarctique avec les eaux plus chaudes (c’est très relatif) du nord.

Ces deux types d’eaux ne se mélangent pas vraiment facilement.

La position de cette ligne fluctue avec les saisons les vents et les courants. C’est notre routeur météo qui nous a donné sa position.

Effectivement la température de l’eau  est tombée à 5 degrés et la température extérieure à trois degrés.

C’est aussi considéré comme la limite des glaces dérivantes (reste de banquise et icebergs des glaciers)

Pour nous marins cela nous oblige à bien scruter l’horizon de façon à éviter une collision qui pourrait endommager très sérieusement le bateau (nous n’avons pas de radar et devons compter sur notre veille visuelle)

Cette nuit pendant mon quart ( de 3h à 5h) il y avait beaucoup de brouillard m’obligeant à être presque constamment à l’extérieur même s’il fait jour toute la nuit ici

Le vent est toujours faible. Nous pensons arriver demain dans la matinée (l’après midi pour vous)

Bisous


Coucou,

Après une nuit un peu chaotique ( pas de vent, puis un peu trop qui nous font aller trop vite par rapport à notre timing, la neige qui tombe et tient sur le bateau) nous apercevons tout excités enfin la terre.

Et bien non ce n’est pas la terre mais un gros iceberg (30m de haut 200m de long) qui se détache de la brume.  Magnifique falaise de glace avec des reflets bleus recouverte d’une belle couche de neige blanche immaculée. Une grande émotion que j’attendais sans oser l’espérer depuis 50 ans!!!

Puis un deuxième iceberg tout aussi impressionnant et enfin la terre.

De terre nous n’apercevons que quelques rochers tout le reste est recouvert d’une épaisse couche de glace et de neige.

Nous entrons dans un cirque constitué d’îlots d’où descendent des glaciers. La mer enfin calme, nous affalons les voiles, gonflons l’annexe et nous préparons pour le mouillage.

Nous sommes alors dans un goulet entre une paroi de glace de 100m de haut et un îlot tout en neige. Dans une anfractuosité c’est là que nous mouillons sur ancre avec 4 amarres sur élingues fixées sur les rochers (d’où le besoin d'avoir l'annexe gonflée).

La mer est un miroir, tout est calme, à sa place, un goéland sur son rocher a opiné de la tête pour apprécier notre manœuvre

Les cirés mouillés et les gants sont mis à sécher, le chauffage du bateau est mis en route ( température extérieure 2 degrés, intérieure 6 degrés!) nous apprécions ce moment magique de l’arrivée après une traversée surtout dans un endroit incroyable comme celui là

Bisous


Coucou

Nous sommes amarrés dans un cadre incroyable:

Derrière le bateau à 30 m une plage de caillou 5m de large et une pente douce de neige. Devant le bateau à 100 m une muraille de glacier de 150m de haut d'où de temps en temps tombent des de sérac.

Pas beaucoup d’animaux : quelques phoques sur une petite plage à côté, des goélands et quelques sternes.

Nous avons fait un petit tour en annexe et avons monté à pied la pente de neige derrière nous. C’est plutôt des raquettes qu’il aurait fallu. Mais attention aux crevasses !

Demain un fort vent est annoncé. On espère être bien protégé dans ce mouillage....

Bisous


Coucou,

Hier promenade en annexe autour du mouillage : un paysage de reportage de National Géographique tellement c’est beau  mais malheureusement sans le soleil : la haute montagne minérale  à perte de vue posée sur la mer. Nous approchons des otaries somnolentes sur des cailloux ou sur la neige.

Nous allons marcher dans la neige pour apercevoir le bateau de puis un petit sommet. Les raquettes nous manquent et prenons garde aux crevasses qui peuvent être énormes.

Nuit très calme bien qu’un coup de vent soit annoncé.

Au réveil le bateau est recouvert de quelques centimètres de neige. Des morceaux de glace emportés par les courants passent dans le mouillage en cognant le bateau. Ils ne sont pas assez gros pour endommager le bateau.

Toute la journée va se passer dans le bateau.

Bisous


Coucou

Aujourd’hui on laisse passer le coup de vent blotti dans le carré.

Petits bricolages.

Coucou,

La nuit dernière  à 2h du matin gros coup sur la coque. Branle bas de combat un énorme bloc de glace cogne contre le bateau et risque d’emporter le mouillage où les amarres. Ce bloc pèse entre 15 et 30 tonnes beaucoup plus que le bateau. Tout le monde sur le pont en ciré et bottes. Heureusement il fait jour ici même à deux heures du matin mais il neige! Nous essayons vainement de repousser ce bloc avec des gaffes. Mais le combat est inégal. Yves et moi avec l’annexe moteur à plein régime en une heure et demi nous arrivons à faire reculer le bloc de 100m nous mettant à l’abri...

On se recouche alors content.

À midi nous larguons les amarres direction Cuverville une autre île plus au sud. Le temps est maussade toujours un paysage de haute montagne des glaciers partout à perte de vue. Nous apercevons 4 baleines mais aucune ne dresse la queue pour nous permettre de belle photos!

Pour arriver au mouillage nous slalomons avec un peu de stress entre d’énormes icebergs. Nous ne sommes pas sûrs de pouvoir arriver jusqu’au mouillage tellement il y a de la glace.

Finalement nous mouillons à l’endroit prévu.

Sur la côte de l’île devant laquelle nous sommes 7000 couples de manchots papous font beaucoup de bruit. La puanteur est de mise!!

Nous faisons un petit tour à terre le spectacle est incroyable :  ces milliers de manchots discutent, se disputent, couvent des œufs, chauffent leurs petits entre les pattes, montent la pente de neige en se dandinant, la descendent en courant tombent et glissent sur le ventre.

C’est une véritable émotion qui me saisit à toute cette vie dans une nature si majestueuse mais si difficile aussi (au moins pour nous les humains).

Bisous


Coucou

Ce matin grand beau. Cela ne durera sans doute pas toute la journée.

C’est comme le grand beau temps en montagne l’été.

On est allé se balader pour marcher et revoir les manchots.

Nous n’avons pas pu monter au sommet, dommage . Mais la vue sur la baie remplie d’icebergs et entourée de montagnes aux glaciers impressionnants .



Coucou

Hier c’était grand beau temps, soleil interrompu, pas de vent.

Promenades tentant un petit sommet non atteint, encore beaucoup de photos des manchots papous toujours aussi drôles.

Nous profitons du soleil pour faire une petite lessive à l’eau très froide.

Ce matin nous avons quitté le mouillage (au réveil il faisait 5 dans le bateau) slalom à travers les glaces flottantes entre des montagnes couvertes de glaciers, une dizaine de baleines entrevues d’un peu trop loin pour faire des photos, et nous arrivons à une station chilienne. Ces stations sont censées exister pour effectuer des recherches. Celle ci appelée “water boat point” abrite 9 chiliens de l’armada.

Nous leur avons demandé et ils ont accepté gratuitement de nous fournir du diesel qui nous sera bien utile pour notre chauffage. Nous avions peur qu’en raison du COVID ils refusent.

La base est petite entourée de manchots. Elle n’est habitée que pendant l’été de novembre à mai.

Cela nous fait plaisir de rencontrer un peu de monde  même de loin (distanciation et port du masque obligatoires) et de discuter sur la vie dans l’isolement.

Cette année nous sommes le premier bateau à passer et peut être bien le dernier en raison du COVID.

Il y a un petit musée que nous irons visiter tout à l’heure.

Le mouillage est exiguë entouré de glace flottante.

Bisous


Coucou

Hier visite du petit musée de la base chilienne Gabriel Gonzales Videla (assez pauvre). Nous avons la chance d’être tout seul. L’année dernière plus de dix mille personnes ont visité cette base ! Mais cette année en raison du COVID il n'ont vu personne ni voiliers ni bateaux de croisière.

Nous essayons de monter sur la colline dominant le mouillage, mais après avoir failli passer dans une crevasse on abandonne.

Ce matin nous quittons la base après avoir remercié pour le gas-oil offert gratuitement.

Très belle navigation dans un cadre de haute montagne en slalomant entre les petits et gros iceberg.

Arrivée un peu « chaude » au mouillage de Dorian Bay  entrée étriquée entre des rochers avec des rafales à 25 noeuds, peu de place pour mouiller l’ancre, il faut se dépêcher pour aller mettre des amarres à terre, c’est un peu mission impossible de le faire sans se mouiller les pieds malgré les bottes.

Nous avons la vue sur un magnifique cirque, avec un peu de soleil c’est encore plus beau. Le mont Français (du nom d'un des bateaux de Charcot) domine le cirque a plus de 2500m d'altitude.

Bisous


Coucou

Encore une belle journée.

Nous sommes dans un mouillage étroit.

On est face au vent mais avec des rochers découvrant qui nous protègent de la houle et des petits icebergs. Nous avons l’ancre plus deux bouts à terre vers l’avant et un autre bout à l’arrière.

Je pense que nous passerons une bonne nuit.

On n’a pas ressenti le tremblement de terre. Nous en avons entendu parler par les chiliens de la base ce matin.

La température est supportable mais devient vivifiante avec le vent.

J’ai reçu un mail très gentil de L. qui était à Beau Rivage.

Bisous


Coucou,

Journée tranquille.

Après une nuit où le vent a beaucoup soufflé (30 noeuds en pointe) et où de gros glaçons nous ont frôlés en tapant sur la coque nous sommes restés une bonne partie de la journée  dans le bateau. Toilette, rangement, lecture. Encore beaucoup de vent et il faisait froid.

Dans l’après midi nous sommes allés à terre (le vent avait baissé). Il y a deux cabanes : une Argentine fermée l’autre britannique servait aux explorateurs. Cette dernière est conservée en l’état avec des provisions de nourriture, des outils, des raquettes. C’est devenu un petit musée.

Puis petite marche pour se réchauffer. Pour la première fois on a pu marcher sans être sur un glacier: neige et rochers. Toujours des manchots : ici les poussins sont plus gros et s’alimentent en mettant la tête dans la bouche de la mère ou du père et mangent ce qu’elle/il régurgite

Demain le temps devrait s’améliorer et nous devrions quitter ce mouillage.

Bisous


Coucou

Hier beaucoup de vent et donc froid au mouillage.

Nous avons passé une bonne partie de la journée à l’intérieur du bateau..


Aujourd’hui il a fait beau.

Cela a été une journée où nous avons vu une vingtaine de baleines certaines toutes proches ( moins de 10 m du bateau), d’autres nous ont montré leur tête avec des bosses ( d’où leur nom), et enfin d’autres ont daigné nous faire admirer leurs queues au moment où elles plongeaient.

Nous avons vu aussi 3 léopards de mer, allongés voluptueusement sur un petit iceberg. Endormis et rêvassant ils ont à peine levé leur museau à notre passage.

Nous avons navigué dans deux passages étroits entourés de montagnes verticales et coiffées de bonnets de neige. Il a fallu traverser à petite vitesse des zones couvertes de blocs de glace. Cela fait un bruit impressionnant quand la coque (heureusement en métal) joue au brise glace. C’était limite.

Au sortir du goulet nous sommes arrivés dans un cimetière de icebergs appelé La Baie Salpêtrière. Poussés par les vents et les courants d’énormes icebergs de toutes les formes imaginables et au delà de l’imaginable viennent s’échouer là. C’est un paysage incroyable.

Nous trouvons notre mouillage à port Charcot (mais ce n’est pas un port) juste une petite baie où Charcot hivernât avec son bateau le “Pourquoi Pas”

Ce soir nous ne dormirons pas bien car nous veillerons par quart pour éviter qu’une renverse de vent nous pousse à la terre.

Bisous


Coucou

Belle journée. On a fait 5 miles pour changer de mouillage à travers le cimetière d’icebergs. Il n’y avait pas un souffle de vent et beaucoup de soleil nous avons photographié le bateau depuis l’annexe avec des immenses icebergs devant , derrière.


Avant cela petite balade sur l’île de port Charcot pour monter à un cairn avec jolie vue.

Quand on marche c’est une neige mouillée qui enfonce.

Beaucoup de photo des icebergs.

On est dans un tout petit mouillage : mouillage de Pleneau.

Ancre et 4 bouts à terre.

Sur la terre il y a une caisse d'urgence avec des provisions de nourriture qui doit dater d’un siècle! Elle servait pour les explorateurs ou les pêcheurs de baleine. Il y a encore du café, du chocolat, quelques boites de conserves, un jerrycan d'essence (vide) une pelle ... C’est une trace de l’histoire de l’exploration de ce continent si inhospitalier pour l’homme.

Bisous


Coucou

Aujourd’hui promenade en annexe pour revoir les manchots. Leurs poussins sont plus gros et se nourrissent dans la gueule de la mère ou du père.

Il reste de la banquise de l’hiver où dorment des phoques et des léopards de mer.

Je monte prudemment marcher sur la banquise et manque passer à l’eau en remontant rapidement sur l’annexe quand mon pied traverse la glace...

Bricolage à bord (je fais des rondelles en contreplaqué pour des bâtons de ski!!)

Nous suivons un peu les actualités (merci M. pour ta revue de presse). Nous pensons à vous pris dans cette ambiance anxiogène dûe au COVID.

Bisous.


Coucou

Aujourd’hui balade avec Yves pour monter au sommet de l’île Hovegaard au dessus du mouillage.

385 m de dénivelé tout dans la neige sur une belle épaisseur de glace. On enfonçait dans la neige on en a bavé dans la descente mais c’était très agréable de se dégourdir les jambes (hier on avait fabriqué des rondelles de bâtons de ski en contreplaqué !). Je craignais un peu les crevasses mais cela s’est bien passé.

Retour au bateau. On s’y sent comme dans un refuge : vue sur les glaciers et la neige à travers les hublots, chaleur relative par rapport à l’extérieur, ambiance feutrée.

On était couché depuis un bon moment quand  on entend to toc sur la coque. C’est des français sur un voilier qui ont mouillé devant nous. Ils nous demandent à quelle heure on part le lendemain car avec les amarres ils bloquent le passage de sortie. Yves et Christine les ont rencontrés l’année dernière à Ushuaia.

Cela fait drôle de voir du monde!

Après 3 nuits dans ce mouillage demain nous bougeons pour aller encore un peu plus au Sud.

Bisous


Coucou

Aujourd’hui neige presque sans arrêt.

Demain un coup de vent doit passer mais on est bien mouillé.

J’espère que malgré la fermeture des frontières je pourrai rentrer!!

Sur l’autre bateau une fille ne veut plus naviguer. Elle ne supporte pas le voilier et cherche par tous les moyens à rentrer mais pas sur un voilier. Mais cette année il n’y a pas de bateaux de croisières qui pourraient la rapatrier.

Bisous


Coucou

Aujourd’hui il ne fait pas beau il neige nous faisons une petite étape tout à la voile au milieu de petits icebergs pour arriver devant une base Ukrainienne (Verdnasky)

Le mouillage est bien protégé mais il faut mettre des amarres à terre sur des rochers en hauteur. C’est moi qui suis toujours chargé de ce travail et sous la neige qui tombe.

C’est une base où il y a des chercheurs. Demain nous serons peut être autorisés à la visiter.

Cette base était anglaise (Faraday) et a été donnée aux Ukrainiens. Elle est réputée chez les navigateurs car les Ukrainiens y accueillent les marins et les croisiéristes dans un bar avec billard et autour de verres de vodka fabriquée sur place !

Mais à cause du COVID pas de croisiériste. On sera peut être invité car nous n'avons pas eu de contact avec d'autres humains depuis 10 jours.

En attendant nous visitons l’ancienne bâtiment qui est devenu un petit musée avec des objets  qui ont servi il y a près de cent ans aux explorateurs et aussi des réserves de nourriture.

On s’habitue un peu au froid. Le matin il fait 6 degrés dans le bateau. Après 2 heures de chauffage le matin on monte à 16 puis cela descend à 12 dans la journée. Il faut dire que je porte en permanence 2 à 3 paires de chaussettes, un collant et un pantalon de ski , 4 couches sur le torse, un bonnet et on rajoute en plus, veste et pantalon de quart sans oublier les bottes quand on sort dehors!!!

Bisous



Coucou

Aujourd’hui on n’a pas bougé.

Petits bricolages. Puis on a installé un mouflage pour amarrer vers la terre un iceberg qui nous faisait des câlins de trop près. Une broche à glace sur l’iceberg puis un mouflage avec un palan en s’aidant de noeuds de prussik. Heureusement que j’ai une toute petite pratique des glaciers.

Puis balade au sommet culminant de l’île : 51m. Pas un exploit. Les gars de l’autre bateau qui est la ont sorti les skis de rando. Cela faisait envie.

Puis promenade en annexe : une vingtaine de phoques sur des restes de banquise puis passage sous un énorme mur de glace.

Ici il y a des cormorans impériaux : ils ont le ventre blanc.

Demain visite de la base ukrainienne.

On ne partira du mouillage que mardi.

Le coup de vent annoncé est arrivé quelques heures plus tard que prévu mais n’a pas duré.

Bisous


Coucou

Quelques mots pour les marins que vous êtes.

Passage du Horn pas si impressionnant que cela surtout quand on démarre de Puerto Williams.

La traversée du Drake a été tranquille: la moitié du temps au moteur. On a même mis le gennaker!!

La traversée du Drake au retour est réputée beaucoup plus dure : à voir.

On n'a capté sur l’AIS qu’un seul cargo vu de visu un peu après.

La veille des glaces 30h avant l’arrivée demande de la vigilance surtout qu’il y a souvent du brouillard et que nous n’avons pas de radar.

Les cartes de la région sont souvent fausses, on se fie surtout à des traces effectuées par d’autres navigateurs.

Les mouillages sont compliqués car ils sont dans des endroits très étroits (ailleurs il y a trop de fond). En plus de l’ancre on met souvent 4 longs bouts à terre que l’on fixe avec des élingues autour des rochers.

Un des problèmes de ces mouillages est le passage de gros blocs de glace. Ils peuvent se coincer sur la chaîne ou sur la coque ou sur les bouts à terre. Cela peut mettre en péril le mouillage. Nous devons alors faire passer ces blocs ( pouvant aller de 40cm à une dizaine de mètres) à côté du bateau ou sous les bouts en les poussant avec l’annexe et en soulevant les bouts.

Il y a deux jours on en a amarré un à la côte avec une broche à glace un palan et des noeuds prussik ( heureusement que j’ai fait de la montagne cela m’a permis de faire le montage).

C’était un bloc de 6m sur 3m et 50 cm de haut. Pas très gros mais cela représente tout de même un poids de ... 90 tonnes!!!

Ici nous ne naviguons pas de nuit trop d’iceberg, mais de toute façon il ne fait quasiment pas nuit.

La météo est obtenue par iridium GO! avec Predicdwind (merci Arnaud ) et par le routeur français dont j’utilise aussi les services. Elle est fiable.

Un seul voilier rencontré. D’habitude il y a pas mal de gros bateaux de croisières. Mais aucun cette année pour cause de COVID. Mais cela veut dire aussi pas d’assistance possible.

Le bateau Ovni 385 est solide (heureusement aujourd’hui où nous avons joué au brise glace)

Il y a pas mal de place et avons pu ranger toutes nos provisions.

Les 4 longues amarres (2 à l’avant et 2 à l’arrière) sont montées sur de gros rouleaux .

Nous avions une bonne provision de gas-oil. Mais nous avons pu nous en faire donner 230 litres dans deux bases. Cela va nous permettre de moins se rationner sur le chauffage.

Pour la configuration des mouillages on utilise des  croquis d’autres navigateurs. Emouvant de naviguer dans les traces de ces aventuriers (Damien, Kim, Graham ..)

Voilà pour ceux qui seraient tentés de venir traîner leur quille dans ces régions.

Bisous


Coucou

Ce matin au réveil grand ciel bleu et le bateau est couvert de neige fraîche. Beaucoup de petits icebergs se sont accumulés à l’arrière du bateau et sont eux aussi parés d’une belle neige immaculée. Le spectacle est magique.


Je me réchauffe en montant sur les falaises surplombant le mouillage pour enlever les amarres. 


Beaucoup d’Icebergs emmenés par les courants rétrécissent le cheminement pour sortir du petit archipel.


Navigation vers le Sud. Les belles montagnes resplendissent de la neige tombée cette nuit.
Nous naviguons sous voiles à travers des icebergs qu’une forte houle fait onduler avec des bruits de clapotis.
Nous apercevons d’énormes mammifères marins peut être des globicéphales.
Notre route nous fait passer entre deux énormes icebergs(plusieurs centaines de mètres de long, plusieurs dizaines de mètres de haut) de formes parallélépipédiques parfaites. L’étroit passage entre les deux est impressionnant par la houle que l’un réfléchit sur l’autre , par les bruits de la houle qui se fracasse sur ces falaises de glace, par les couleurs de l’eau et la glace se mélangeant, par ces tonnes de glace qui nous surplombent et pourraient en se fissurant nous tomber dessus.
Passées nos émotions nous faisons demi tour car le mouillage envisagé pour la nuit serait trop exposé à la houle.
Nous faisons donc route vers le Nord ayant atteint le point le plus au Sud de notre voyage.
Une baleine descendant vers le Sud passe à trois mètres du bateau!

En passant devant la montagne de Maria nous apercevons aux jumelles nos amis Ukrainiens de la base qui redescendent de leur ascension.

En rasant les glaciers de la péninsule nous arrivons au mouillage de la nuit sur l’île Peterman où nous attendent des pingouins papous.


J’ai écrit cette première partie quand on se reposait.
Soudain j’ai regardé dehors alors c’était un drôle de spectacle : la mer était couverte de glaçons gros de 20cm à 1m50 ( ce type de glaçons sont appelés Sarazins. Ils proviennent d’un glacier attaqué par la forte houle) et cette mer de glaçons bouchait toute la petite crique dans laquelle nous étions mouillés, elle menaçait de nous y bloquer. Tout le monde sur le pont Yves et moi dans l’annexe pour enlever les amarres que j’avais attachées sur les rochers. On a levé l’ancre rapidement et avons du traverser pendant 800m cette mer de gros glaçons à vitesse très réduite, le bruit de la glace cognant la coque est impressionnant. Le bateau est malmené quand il heurte un plus gros bloc.
Nous retrouvons des eaux plus calmes pour aller au mouillage de Plenau où nous étions il y a trois jours.
Nous comprenons alors que dans cette région si belle mais si peu hospitalière il faut être sans arrêt sur ses gardes.

Bisous


Coucou

Voilà 2 jours que nous continuons notre remontée vers le Nord, avec déjà de la nostalgie de voir ces paysages pour la dernière fois. Je sais que je n’y reviendrai jamais .....

Nous repassons dans le canal Peltier avec arrêt à Port Lokroy qui n’a rien d’un port mais est un mouillage devant une station anglaise déserte pour cause de COVID.

Aujourd’hui grand beau pas un nuage, mais je porte 3 couches  plus le ciré, 2 paires de chaussettes  plus les bottes, gants et bonnet.


Il y a un peu moins d’icebergs. Dans le canal Neumayer une accumulations glace nous adonné quelques sueurs froides. Heureusement que le bateau est en aluminium car il doit faire sont chemin en poussant des blocs de plusieurs tonnes.

Nous passons sous le pic Français en hommage à un des bateaux de Charcot.

L’arrivée au mouillage passe par la Paradise Bay, magnifique cirque entouré de glaciers très tourmentés.

Mouillage dans une minuscule baie Almirante Brown.

Les jours prochains la météo ne devrait pas être aussi favorable.

A voir...

Bisous


Coucou

Encore une journée de très beau temps.

Une jolie navigation avec un bon vent (20 à 25 noeuds) arrière.

On s’était levé tôt à 5h. Finalement on est arrivé à 12h30.

On est au mouillage qui s’appelle Enterprise. On est amarré à un vieux baleinier échoué en 1915. On est entouré de falaise de glace.

On va rester ici quelques jours car il est annoncé du fort vent.

Yves a du aller dans l’eau car il avait un bout qui traînait sous le bateau. Mais rien de grave.

On a vu quelques baleines, une otarie, un phoque des sternes.

Nous c’est apéro tous les soirs: pastis ou caiprina au pisco.

Voilà un mois que j’ai quitté Grenoble.

Bisous


Coucou

On reste deux trois jours ici pour laisser passer du temps moyen.

Hier quand  Yves est allé dans l’eau pour le bout, sur mes conseils il a débouché la cuve à eau noire (85l) avec la ventouse. Il n’y croyait pas et cela a super bien marché.

Ce matin on n’a pas fait grand chose, j’ai complété mon journal.

Cet après midi avec Yves on s’est promené sur des îlots. Sur un il y a quatre baleinières en bois en train de pourrir, sur l’autre des restes de tonneaux qui servaient à stocker l’huile de baleine.

On est sur un site qui servait de mouillage pour les pêcheurs de baleines.

On est monté sur le petit sommet de là on a vu une baleine qui faisait le tour du mouillage..

C’était plein de goélands dont des petits, sur une autre île il y avait des cormorans blancs avec aussi des petits.

En revenant petit tour sur l’épave qui nous sert de quai d’amarrage. J’y ai trouvé une pointe de harpon qui servait pour la chasse à la baleine.

Comment se passe la fermeture des frontières ? Est ce une décision française ou européenne ?

Bisous


Coucou

Merci sur les news, Pierrot et Laurence ....

Ici journée tranquille : matinée à petits bricolages , après midi petite balade en annexe et un peu à pied.

Ce soir j’ai refait une pizza.

Demain nous faisons une étape de ... 5 miles!

On attend du mauvais temps avec de la pluie pour plusieurs jours à partir du milieu de la semaine.

Ton mail a Yves à fait plaisir.

Je m’entends bien avec François. On se dispute seulement pour faire la vaisselle !

Le soir on boit souvent un génépi !

On joue aussi à un jeu le bananagramme.

Si tu as l’occasion tu peux l’acheter et jouer avec Camille et Agathe.

As tu lu des livres de la liseuse. J’ai lu le prix Goncourt de cette année : l’Anomalie.

Je te le conseille.

Je vais commencer « la Gaîté » de Justine Lévy. Je te dirai.

Bisous.


Coucou

Aujourd’hui petite nav avec rien de particulier, quelques icebergs, une arrivée au mouillage étroite qui a nécessité qu’on me monte dans le mât (winch électrique) pour voir le passage.

Le mouillage (Portal) est bien protégé .

Petite balade à terre. 2 otaries, beaucoup de goélands, quelques cormorans blancs, des manchots jugulaires.

De retour au bateau, le mouillage est envahi de petits glaçons qui ne sont pas menaçants. Du bateau on aperçoit une dizaine de baleines qui passent et repassent (un peu loin malheureusement ). Le coin doit être plein de krill.

Demain lever 4 h car on a une étape plus longue et on restera plusieurs jours pour attendre le passage d’une dépression.

Bisous.


Coucou

Aujourd’hui lever tôt bonne navigation qui se termine par 30 nœuds de vent dans le brouillard.

Trouver où mouiller n’a pas été facile. Les fonds passent de 0 à 3m puis à 40m en quelques mètres de distance.

Finalement on est arrivé à se placer.

On va rester au moins jusqu’à dimanche. La météo n’est pas terrible surtout pour samedi.

Il va falloir se trouver des occupations.

Passe le bonjour à E. et T.

Leur voyage a été annulé ? Où sont ils déjà revenus ?

En tous les cas ici ce n’est pas l’ambiance Caraïbe. Ce matin quand on a démarré à 4h du matin il y avait de la neige sur le pont!

Bisous .


Coucou

Nous sommes à Trinity Island.

Nous attendons un fort coup de vent pour samedi.

Nous avons mis 70 m de chaîne et appréhendons un peu car le mouillage n’est pas le meilleur que nous ayons fait.

Aujourd’hui pluie le matin et petite balade cet après midi.

As tu lu des livres que j’avais achetés et mis sur la liseuse?

As tu des informations concernant la fermeture des frontières ? L’entrée et la sortie sont interdites?

Bisous.


Coucou

Ces derniers jours nous avons continué notre cabotage vers le Nord avec de belles journées nous permettant une navigation agréable avec un cheminement entre des icebergs le long de glaciers crachant des blocs de glace dans un bruit sourd. Le souffle des baleines nous fait tourner la tête à la recherche de ces superbes mammifères. Certaines passent tout près.

Un mouillage a été assez particulier : nous étions amarres à une épave de baleinier. Ce baleinier opérait au début du vingtième siècle et a fait naufrage à la suite d’un incendie en janvier 1915.

Dans ce mouillage on était très protégé. Sur un îlot voisin des restes de baleinières en bois et des tonneaux qui servaient à stocker l’huile de baleine utilisée essentiellement pour l’éclairage des villes européennes.

Hier départ un peu dur à 4h du matin il y avait de la neige sur le bateau et je suis allé en dinghy enlever les amarres à terre.

On est arrivé au mouillage avec un vent de 30 noeuds soit force 7. Mouillage compliqué car les fonds passent de 2 m à 40m très rapidement.

Pour Noelle nous avons vu des oceanites (tout petits oiseaux) qui nous ont offert un ballet : elles posent leur pattes sur l’eau en faisant 2 pas, picorent et décollent rapidement. C’est très élégant.

À terre toujours des colonies de manchots papous,  les petits sont maintenant grands et perdent leur plumage gris. L’odeur est toujours aussi forte.

Nous allons rester ici au moins jusqu’à dimanche car le temps va se dégrader : très forte pluie et vent  ( rafales 40 à 45 noeuds soit 80km/h). Cela nous promet un mauvais moment à passer.

Bisous


Coucou,

Aujourd’hui journée dans le bateau. Pluie ou neige et pas mal de vent à l’extérieur du mouillage.

Partie de Scrabble, lecture, mots croisés, sudoku.

François a fait deux magnifiques pains et moi une pissaladière.

Le fait de ne pas sortir nous refroidit car on reste à l’intérieur sans bouger.

Yves demande si tu serais prête à nous rejoindre au Chili pour une navigation d’un mois de Puerto Williams à Punta Arena. Le voyage de Grenoble à Puerto Williams risque d’être compliqué avec l’interdiction de quitter la France et l’obligation de faire une quarantaine au Chili avant d’arriver à Puerto Williams.

Bisous


Coucou

Il y a 4 jours nous n’avons pas voulu attendre le coup de vent dans le mouillage prévu. Il n’était pas assez sûr car l’ancre risquait de déraper.

Nous avons donc décidé de retourner à Enterprise à couple de l’épave.

La navigation a été dure (vent établi à 30 noeuds rafales à 40 noeuds). Quarts d'une demi heure à scruter les morceaux de glace. A la fin du quart on est content de se mettre au sec(?). On n'enlève ciré et bottes qu'à la fin du quart suivant pour rester opérationnel pour aider l'homme de quart en cas de besoin.

Mon estomac a mal supporté.

Alors bien à l’abri de l’épave nous avons laissé passer le coup de vent à lire, faire des mots croisés, faire du sudoku, jouer aux cartes, jouer au Scrabble, faire la cuisine ....

Aujourd’hui très belle journée nous avons navigué vers le Nord et sommes au mouillage dans l’île Two Hammock.

Le site est magnifique entouré de falaises de glace d’une cinquantaine de mètre de haut avec des crevasses énormes dominés par deux sommets en forme de sein et descendant doucement. Des pentes qui donnent le regret de ne pas avoir de ski.. Régulièrement d’énormes séracs  tombent dans la mer avec bruit de tonnerre. Ensuite les morceaux de glace passent à côté du bateau en se frottant à la coque qui résonne.

Nous sommes allés voir un groupe d’otaries qui faisaient la sieste sur des rochers à côté de cormorans aux yeux bleus.

On espère que les glaces qui passent au mouillage ne vont pas demander que nous intervenions pendant la nuit.

Le voyage en Antarctique va toucher à sa fin.

Une déception: nous n’irons pas à l’île Déception! Pas assez de temps et partir de là bas pour la traversée du Drake n’est pas facile (trop à l’Est)

Nous regardons les fenêtres météo pour la traversée retour du détroit de Drake. La traversée sera difficile. Nous pensons avoir une fenêtre pour un départ le 18 où le 19.

A voir...

En attendant je profite bien de cette ambiance hautes montagnes sur la mer.

J’ai déjà de la nostalgie pour ces paysages que je ne reverrai jamais mais j’aurai la joie de vous retrouver.

Bisous


Coucou

Aujourd’hui un temps de m.....e.

Pluie neige et vent de face toute la journée.

Nous sommes obligés de faire des quarts dehors à cause du risque de collision avec les icebergs.

Les quarts durent 1/2 h. Le plus dur est de ré-enfiler les cirés humides les gants mouillés.

Bref si vous croyez qu’on s’amuse aujourd’hui ce n’était pas le cas.

Consolation j’ai vu des baleines plonger, des phoques nager avec la tête hors de l’eau et des manchots qui bondissent de bagues en vagues. Pas d’oiseaux.

A un moment gros boum. On sort en vitesse croyant avoir heurté un iceberg mais rien en vu. Je vois alors une baleine traversant notre sillage à quelques mètres. On a dû la heurter, à priori sans lui faire de mal. Heureusement pour nous aussi, nous n’avons pas constaté de dommage.

Grosse frayeur tout de même.

Nous sommes arrivés au mouillage de Melchior la où nous étions il y a presque un mois à l’arrivée de la traversée depuis le Chili.

C’est d’ici que nous repartirons pour la traversée du Drake dans quelques jours.

Bisous à tous.


Coucou

Me voilà sur le chemin du retour.

Nous venons de quitter notre dernier mouillage en Antarctique.

Très joli mouillage entre des falaises de glaces, quelques otaries nous y attendaient.

Maintenant c’est parti pour 4-5 jours de navigation.

La fenêtre météo est correcte sans être excellente.

Une sterne criait pour nous souhaiter bonne navigation.

Notre dernier (?) iceberg est sur bâbord, il est magnifique effilé comme un bateau, très haut, la houle se brisant sur sa base lui fait une bave blanche et lui tire des grondements sourds. On passe très près. Il a la bienveillance de ne pas se retourner sur nous à notre passage.

Nous le laissons avec nostalgie continuer sa vie encore quelques années.

Après les avoir admirés nous espérons ne plus en rencontrer pendant la traversée pour ne pas jouer au Titanic.

Bisous à tous.


Coucou

Je suis de quart un petit peu barbouillé .

La navigation n’est pas drôle: on est au près, le bateau tape, il y a de la brume et il pleut.

Heureusement on fait les quarts à l’intérieur.

Toutes les dix minutes on sort regarder s’il y a de la glace.

On n’en a pas vue depuis le gros icebergs à la sortie du mouillage.

Le quart dure 2 h.

Voilà mon quotidien.

Bisous


Coucou

Hier nuit pénible car du vent et de la pluie. De plus j’étais barbouillé par le mal de mer. Aujourd’hui cela va mieux : moins de vent et merci Stugeron.

On ne sort quasiment pas de la cabine en raison du froid et de la pluie.

Ce soir le vent va se lever et le bateau sera inconfortable.

Nous pensons arriver près du cap Horn le 21 dans la journée.

On voit quelques albatros. Christine a aperçu des dauphins mais on n’est même pas sortis de la cabine pour les voir !

Notre retour en France ne sera pas immédiat . Il faut d’abord prendre un ferry pendant 36 heures puis trouver un avion pour Santiago, puis se faire tester PCR avant d’embarquer pour un vol vers l’Europe!

Bisous


Coucou

On pense être au Horn le 21. Après il faudra faire quelques mouillages avant Puerto Williams.

On est toujours au près. Ce n’est pas très confortable. On pense toucher du vent portant assez fort dans 24 h.

Il fait moins froid dehors mais à cause du vent le ressenti est glacial.

On ne sort que pour les ris et jusqu’à maintenant la veille aux icebergs.

Heureusement que le pilote marche bien. Je n’ose imaginer s’il fallait barrer!

Bisous


Coucou

Nous sommes à 160 miles du cap Horn.

Nous attendons pour les 10 h qui viennent le passage d’un front.

Vent du NNW, soi pile de face 20 à27 noeuds rafales 39. Ensuite bascule au SSW 25 noeuds tout cela avec houle de 3,5 m.

Nous sommes suspendus aux fichiers grib que nous téléchargeons régulièrement.

Pour l’instant nous sommes au moteur depuis 8 heures dans du 12 noeuds de face. Il n'est pas question de trainer dans ces parages car le lendemain de notre arrivée un fort coup de vent est annoncé.

La température devient moins rude au fur et à mesure que l’on monte vers le Nord.

Ces derniers jours nous étions au près avec souvent 2 ris et Solent. Le bateau était alors inconfortable.

La possibilité de rencontrer des glaces est quasi nulle nous permettant de relâcher la veille visuelle.

Nous devrions être au Horn demain vers midi heure locale soit 16 pour vous.

On doit alors aller à un mouillage Lennox pour se mettre à l’abri d’un autre coup de vent.

Bisous


Coucou

Pour nous c’est la dernière nuit en mer à faire des quarts. Le mien sera de 1h à 3h.

Cela devrait être assez cool.

On va commencer à faire attention au cargo s’il y en a.

La mer est relativement confortable et le vent à 20-25 noeuds au portant.

Par contre c’est très nuageux avec souvent de la pluie.

Bisous


Coucou

Ça y est nous avons eu la bascule attendue du NW au SW.

En fait le vent du NW n’était pas rafaleux ni aussi fort que prévu. Tout s’est bien passé.

Maintenant nous sommes au portant dans un flux de SW 25 noeuds. La mer est plus cool qu’avant la bascule.

Tout va bien. On avait un peu stressé pour rien.

Demain en début de matinée on sera proche du Horn.

On ne sait pas encore si on le laisse à bâbord ou à tribord.

Puis mouillage sous le vent d’une île sans doute Lennox. On y passera 2 ou 3 nuits.

Bisous


Coucou

Nous sommes à une centaine de km du Cap Horn.

Ce cap est le plus au Sud des continents habités.

Il est mythique chez les marins car les conditions peuvent être dures. Il était très difficile à passer lors de la marine marchande à voile.

Beaucoup essayaient plusieurs fois avant d’y renoncer.

Passer le cap Horn donnaient le droit de cracher ou de pisser face au vent!!

Grâce aux progrès de la météo et de nos bateaux, le passage du cap devient plus facile. Cela évite d’être au cap quand les conditions sont trop mauvaises.

Nous serons au cap le 21 dans la matinée.

Les conditions en général pour la traversée du Drake ont été plus clémentes que prévues. De plus nous n’avons pas vu de glace flottante.

Cela a été souvent inconfortable mais jamais dangereux.

La température est en hausse. L’eau de mer est passée de 3 degrés à 8.

Le ciel est gris , la mer est grise et blanche, seuls signes de vie les Albatros qui planent élégamment autour du bateau.

Nous allons bientôt revoir des arbres!!

Bisous à tous.


Coucou

Le temps a été beaucoup plus clément que prévu.

La nuit dernière nous faisions route directe sur le cap Horn.

Le vent était parfait.

Le bateau glissait sur l’eau en enfournant légèrement la petite houle créant des moustaches blanches d’écume.

Pendant mon quart j’ai eu la chance qui n’a pas duré de voir un magnifique ciel étoilé avec Orion qui se couchait au NW et surtout La Croix du Sud posée à l’aplomb du bateau.

Les autres dormaient. Quel bonheur de voir le bateau bien équilibré avancer droit au but dans la nuit étoilée. C'est pour des moments comme celui là que nous sommes prêts à supporter des dures conditions vite oubliées comme par magie. 

Je n’étais pas de quart quand on a pu voir les éclats du phare sur le cap Horn.

A mon réveil on était à quelques kilomètres de ce fameux cap.

Je retrouvais alors la couleur verte de la végétation, pas encore des arbres.

Un dauphin nous attendait au cap et à disparu dans les profondeurs sombres.

J’étais saisi du sentiment d’accomplissement de ce rêve d’ado que je n’avais jamais osé espérer voir se réaliser.

Ensuite navigation dans des eaux calmes entre des îles de la terre de feu quelques arbustes .

Qu’est-ce que je fais maintenant: je tâche de savourer ces derniers instants de mer : beaucoup d’oiseaux (cormorans blancs aux yeux bleus, albatros, pétrel et goélands, des jets de baleines, des dauphins en couple.

Je rêvasse sur le pont (il fait beaucoup moins froid) me rappelant ces instants magiques que la mer m’a donnés, triste de ne peut être plus revivre cela. J’aimerais tellement y revenir .....

Plus pratiquement on n'est pas encore arrivé à bon port.

Ce soir on mouillera devant une petite île Lennox pour s’abriter quelques jours d’un coup de vent qui risque de durer.

Prenez soin de vous. À bientôt.

Bisous


Coucou

Aujourd’hui journée au mouillage sur bouée.

Fort vent.

On a pu aller à terre pas longtemps pour voir une famille de l’armada qui vit sur cette île. Ils nous ont donné du pain, mais n’avaient pas le droit de nous recevoir chez eux( because of COVID.

Le vent s’est levé : on a enregistré une rafale à 56,9 noeuds! Inutile de te dire que ça siffle dans les haubans, la mer est blanche!!

On espère pouvoir prendre un ferry de Puerto Williams à Punta Arena le 28, si pas de quarantaine en arrivant à Puerto Williams. Après c’est un peu l’inconnu. Devra-t-on avoir un test PCR pour aller à Santiago puis un autre pour prendre l’avion pour l’Europe.....

J’espère être en France pour mon anniversaire.

Bisous


Coucou,

Le corps mort à bien tenu.

Au matin le vent s’est calmé, on a fait une étape de 15 miles et on est à Puerto Torro le village le plus sud du monde.

C’est un village de pêcheurs. Des milliers de casiers à centollas sont entreposés sur la plage en attente de l’ouverture de la pêche.

On n’a pas le droit d’aller dans le village because of COVID.

J’espère que l’on pourra aller se balader demain (un fort coup de vent est prévu).

On vient de nous livrer des empanadas et du poulpe congelé (au moins 4kg)

On est sur un petit quai tout seul. Les bateaux de pêche sont au repos à Puerto Williams.

Bisous


Coucou

Cela y est le voyage est fini

Cette dernière journée s'est passé sous un grand soleil.

Moi qui regrettait de ne pas avoir vu des orques, j'ai été servi ! En effet en passant entre des îlots on a vu une dizaines d'orques qui tournaient en rond, en fait elles attaquaient une baleine. La baleine était échouée mais continuait à respirer, son dos laissait apercevoir les traces rouges des coups de dents des orques. De gros orques mâles restaient à l'écart de la curée. Ce spectacle nous rappelait que la nature peut se montrer cruelle.

Un peu plus loin et pour finir sur une note moins dure, une petite île argentine dans le canal de Beagle abrite des milliers de cormorans, quelques centaines de manchots et plusieurs dizaines d'otaries, en avançant dans le canal des milliers d'oiseaux décollaient a notre passage dans un bruit d'ailes et de pattes frappant l'eau.

Et puis c'est l'arrivée à Puerto William, l'amarrage du bateau à couple d'un autre voilier.

Ce beau voyage est terminé. La tête est pleine de ces images de ce continent blanc si beau mais si inhospitalier. Tous les jours j'ai ressenti le bonheur que j'avais à être là. Je suis conscient d'avoir vécu un moment extraordinaire, d'avoir réalisé ce rêve d'adolescent...

A bientôt.

Daniel